En France, environ 6% des bébés naissent prématurément, c’est-à-dire avant la 37e semaine de grossesse en partant du 1er jour des dernières règles (vous suivez ?). Quand ils naissent à moins de 33 semaines, on parle de grands prématurés. En France, on compte 175 maternités privées dont 47 de niveau 2 (celles capables de prendre en charge des grands prématurés).
Les maternités sont classées en quatre catégories selon les mêmes critères pour les établissements publics et privés.
- Les maternités de niveau 1 accueillent les mamans dont la grossesse et l’accouchement ne présentent aucun risque. Elles concernent heureusement les cas les plus fréquents, c’est pourquoi elles sont les plus nombreuses. Il n’y a pas de service de néonatologie sur place.
- Les maternités de niveau 2A et 2B accueillent les mamans qui accouchent de bébés avant la 37è semaine de grossesse. Un pédiatre est présent à temps plein (pour les 2B) ou à temps partiel (pour les 2A) et les prématurés qui respirent de façon autonome peuvent être pris en charge. Les grands prématurés, s’ils respirent seuls, peuvent aussi être accueillis dans les maternités de catégorie 2B car elles sont pourvues de matériel d’aide respiratoire non invasif (qui n’entre pas dans la trachée).
- Les maternités de niveau 3 peuvent prendre en charge les bébés prématurés qui ont besoin d’être réanimés et qui ne respirent pas seuls.
Ce classement ne répond donc pas à des critères de qualité, mais d’équipement en fonction des besoins.
Philippe Mussat, pédiatre à l’hôpital privé Seine-Saint-Denis-Le Blanc-Mesnil, indique qu’en cas de naissance prématurée, il vaut mieux être au bon endroit au bon moment pour éviter d’avoir à organiser un transfert par le SAMU d’un établissement à un autre.
En Ile-de-France, par exemple, il n’existe pas de maternité privée de niveau 3, c’est pourquoi quand les circonstances l’exigent, les bébés et leur maman sont transférés vers un établissement public. « Toutes les maternités de la région parisienne travaillent en réseau. Il n’y a pas de scission entre le privé et le public. Nous avons une équipe de médecins chevronnés et un plateau technique très performant, les hôpitaux n’hésitent pas à transférer des patientes vers notre établissement. D’ailleurs, dans l’équipe de pédiatres, la plupart vient du public. Et en ce qui me concerne, j’y travaille toujours ».
Sur la question des coûts, Philippe Mussat rappelle qu’aucun dépassement d’honoraire n’est pratiqué pour l’hospitalisation d’un enfant en service de néonatologie: « nous accueillons tous les patients sans distinction, et bien entendu les mamans bénéficiaires de la CMU ou de l’AME ».
Pour mettre au monde un bébé prématuré, la question à se poser n’est donc pas « clinique ou hôpital ? ». Mieux vaut plutôt choisir la maternité adaptée à ses besoins et à son terme.