Comment faire en sorte que l’offre de soins soit mieux équilibrée sur l’ensemble du territoire ? Comment inciter les médecins à mieux se répartir ? Pour Jean Halligon, praticien à la Clinique de l’Anjou, penser collectif serait d’une aide précieuse.
Jean Halligon note une contradiction assez étonnante : « il n’y a jamais eu autant de médecins en France, mais ils sont mal répartis ».
A l’issue de leur formation, les jeunes médecins ont le choix entre deux statuts : le salariat (en rejoignant un hôpital, un laboratoire pharmaceutique, une institution, une administration…) ou le libéral (en rejoignant un cabinet médical, une clinique). Et aujourd’hui, seuls 10% des jeunes médecins choisissent le libéral ! Pour expliquer ce phénomène des déserts médicaux, il y a donc deux facteurs : la mauvaise répartition géographique, mais aussi la mauvaise répartition des modes d’exercice.
S’ajoutent à cela deux autres paramètres : le vieillissement des professionnels de santé et la diminution de la disponibilité en temps médical. C’est-à-dire que beaucoup de médecins partent ou vont partir à la retraite, et les jeunes médecins qui entrent dans la profession souhaitent travailler moins que leurs aînés : c’est l’effet indirect des 35h en vigueur dans le secteur salarié.
Alors, comment limiter l’expansion des déserts médicaux ? Comme le prône le Dr Halligon : en reconsidérant le secteur libéral !
Mal connu des jeunes et a priori peu séduisant, il draine peu de professionnels. Certes, il ne présente pas que des avantages, mais il existe des solutions pour le rendre attractif.
Le statut libéral fait peser plus de charges, plus de responsabilités et plus de tâches administratives sur le praticien, alors qu’il devrait pouvoir consacrer 100% de son temps à la pratique médicale. Pour cela, il faudrait qu’il puisse s’entourer de professions paramédicales et administratives, mais tout ça a un coût. D’où l’intérêt de multiplier les cabinets ou maisons de santé adossés à des établissements de santé (cliniques ou hôpitaux), pour que les médecins libéraux ne pratiquent plus de façon isolée, mais qu’ils puissent profiter de services administratifs et paramédicaux mutualisés – un vrai travail d’équipe, ce dont la profession a réellement besoin.
En matière d’aménagement du territoire et d’accès aux soins, ce travail collectif permettrait à des médecins de s’organiser pour assurer des permanences autant que des consultations au plus près du domicile des patients – pour que chacun, où qu’il soit sur le territoire, puisse bénéficier de soins médicaux. »



Tout à fait d’accord avec les remarques de Jean Halligon, mais je pense qu’il faudrait ajouter le fait que le statut de généraliste ne fait plus assez « rêver », aussi bien qu’en terme de statut, qu’en terme de rémunération; celà est bien dommage…